Entretenir son sac à dos

Compagnon de voyage, maison du bord de la route, bouée de sauvetage, le sac à dos est l’accessoire qui partage (presque) toutes mes randonnées. Pour le faire durer longtemps et profiter de ses qualités au quotidien, je l’entretien avec soin.

Alain Demaret

Que l’on randonne au long court comme sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle ou le Pacific Crest Trail, que l’on se balade un ou deux jours pour découvrir une région ou un paysage particulier, le sac à dos est le compagnon de voyage sur lequel on doit pouvoir compter. Lui seul partage toutes mes sorties. C’est à la fois ma maison, mon « coffre aux trésors », mon sac à provisions et ma bouée de sauvetage. Il contient l’indispensable pour le marcheur que je suis. Intimement accroché à mon dos, il parcourt autant de distance que moi. J’ai beaucoup de difficultés à choisir un nouveau sac, tant je suis exigeant sur ses qualités, son habitabilité et le confort de portage. Alors pour ne pas changer trop souvent et modifier mes habitudes, j’ai pris le parti de bien entretenir cet « ami muet ».

 

Les conseils ci-après sont valables pour tous les sacs à dos techniques de randonnée. Ils ne concernent évidemment pas les sacs en toile ou en coton, ni les sacs scolaires. 

 

Éliminer les traces de boue

Par tous les temps, sur tous les types de chemins, de l’allée empierrée au lacet de montagne et au sentier boueux, le sac en voit de toutes les couleurs. Lorsque je le pose à terre quand il commence à pleuvoir pour prendre ma veste de pluie, je suis plus préoccupé par le fait de rester au sec que par son bien-être à lui. Alors dès que j’en ai l’occasion, je retire toute trace de boue car cette dernière est souvent agressive pour le matériau dont le sac est fait, voire carrément corrosive.

Pour ce faire, je laisse sécher la terre puis je frotte les saletés avec une brosse à poils doux, je termine en rinçant avec un peu d’eau claire et je sèche au chiffon, ou avec une serviette absorbante (du papier cul quoi).

Enlever la poussière

Le vent est votre ennemi. Il charrie la poussière dans les cheveux, les vêtements et même à l’intérieur du sac à dos. Quelle que soit l’aventure, chaque soir, je prends toujours soin de bien enlever les poussières qui s’accumulent près des sangles et dans les compartiments du sac. Je mets encore plus de soins si je me balade en bord de mer ou dans des lieux particulièrement secs.

La poussière et le sable sont abrasifs. Quand ils s’accumulent aux endroits de frottement, ils usent et abîment le tissu de manière irréversible. Lorsqu’elle s’invite dans le sac, sous l’action du vent, la poussière est un vrai fléau sur le long terme. Ce sont ses interactions (frottement) avec le matériel dur (réchaud, piquets de tente, carnet de notes…) qui altèrent l’étanchéité de la membrane d’imperméabilité en l’usant prématurément. C’est encore plus rapide avec le sable, dont les grains sont plus gros et plus coupants. Il est si simple de vider son sac et de le retourner en le secouant pour évacuer un maximum de particules. Une fois de retour à la maison, en plus d’un bon secouage, je passe l’aspirateur sur et dans le sac.

Laver le sac à l’eau et au savon doux.

Sans aller jusqu’à utiliser du shampooing pour bébé, de temps à autre, je lave l’extérieur de mon sac avec un chiffon de type microfibre et de l’eau tiède. Je passe aussi un petit coup à l’intérieur après l’avoir secoué pour éliminer les poussières qui se seraient agglomérées (humidité, perte de mayonnaise dans un sandwich mal emballé…) à un endroit ou un autre.

Pour nettoyer les taches de graisse sur les faces externes, il faut passer sur les traces avec un linge humidifié avec de l’eau légèrement savonneuse (savon de Marseille, savon du Dr Bonner, une goute de produit de vaisselle (vraiment une goutte), lessive naturelle pour linge délicat…)., sans frotter trop fort, de manière à conserver au tissu ses propriétés protectrices. Rincer abondamment à l’eau claire et éponger le surplus d’eau (ne pas laisser de petite flaque). Laisser sécher, pendu à l’air libre et à l’ombre, ouverture vers le bas.

Le gros entretien

e noter comment elles s’accrochent. Ensuite j’ouvre toutes les tirettes (les zips). Avec un aspirateur, je passe sur toutes les coutures et dans les coins des poches internes et des compartiments principaux. Le plus simple est de libérer la cloison (tirette ou ergots chez Osprey) qui sépare le compartiment du haut de celui du bas. Si c’est possible, on peut carrément retourner le sac avec l’intérieur sur l’extérieur. Une fois tous les composants du sac bien dépoussiérés, je scrute l’ensemble de la face externe pour y déceler les traces de boues et les taches de graisse (voir ci-dessus).

Puis je me rends dans la salle de bain et je lave mon sac dans la baignoire avec une éponge et une brosse à poils doux. Quand il y a de vilaines taches, j’utilise du savon de Marseille et je frotte très doucement. Ensuite, il faut absolument rincer toutes traces de savon, c’est très important. Pour le séchage, voir ci-dessous.

Pas de machine à laver

NE JAMAIS passer le sac à dos à la machine à laver. Le passage en machine va altérer la membrane de protection intérieure. Au mieux, elle se décolle complètement, au pire, elle se désagrège et laisse de vilaines petites boules de plastique dans vos effets à chaque sortie. Laver un sac technique à la machine ne le tuera pas, mais cela va lui faire perdre toutes ses qualités. Je sais de quoi je parle, j’ai essayé avec un sac que j’avais payé très cher.

Séchage lent et en plein air

Lorsque vous rentrez d’une randonnée durant laquelle il a plu ou lorsque vous lavez le sac à dos, il faut ouvrir toutes les tirettes, tourner le sac à dos de façon a avoir son ouverture principale vers le bas et le laissez sécher lentement à l’air libre, à l’abri du soleil et de toute source de chaleur. Sinon, le tissu et la membrane imperméable deviennent cassants.

Transport de carburant et de produits d’hygiène

Si vous emportez des produits comme des insecticides, du carburant pour votre réchaud, du savon synthétique ou des crèmes solaires, enveloppez-les dans un chiffon et isolez-les dans un sac étanche. Une fuite de ces produits, qui sont souvent agressifs pour les tissus, peut en effet endommager irrémédiablement votre sac à dos.

Réimperméabiliser

Personnellement, je ne suis pas fan de la réimperméabilisation du sac à dos. Lorsqu’il commence à pleuvoir, j’utilise une housse externe. Lorsque celle-ci s’abime, je la remplace pour quelques euros si cela s’avère nécessaire. L’idéal est la housse en Bleu OTAN de chez Deuter. Il est reconnu que ce type de bleu est la couleur la plus visible par tous types de temps.

Stockage au sec

Pour ranger le sac à dos, évitez la cave ou le garage. Stockez-le dans un endroit sec pour éviter tout risque de moisissures. En ce qui me concerne, je pends mon sac dans un placard en passant un cintre en bois dans les bretelles. On peut aussi le poser à plat. Dans tous les cas, pour éviter d’endommager les structures porteuses, il faut éviter de poser le sac debout, au sol.

 

En suivant les quelques conseils ci-dessus, la durée de vie de votre sac à dos devrait être considérablement augmentée. Vous pourrez donc en jouir plus longtemps et prendre du plaisir tout au long de vos randonnées futures. 

 

 

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