L’aventure est en bas de chez vous !

Et si on se réservait une micro aventure ? Il s’agit de pimenter son quotidien, en faisant quelque chose d’inhabituel pas loin de chez soi. Arriver au boulot à vélo pour se faire une sortie cycliste entre amis sur l’heure de table, se balader dans son quartier sur le coup de minuit, passer une nuitsous la tente avec les enfants dans le jardin… L’aventure est en bas de chez vous !

Alain Demaret

La nuit passée, il faisait si chaud que je me suis réveillé en sueur. J’ai pris une douche et comme j’étais bien éveillé, je me suis dit qu’aller chercher un brin de fraîcheur en faisant le tour des campagnes n’était pas une si mauvaise idée, après tout. J’ai choisi un parcours que je connais par coeur pour l’avoir tant de fois parcouru en marchant, à vélo ou à petites foulées quand je m’entrainais pour les courses de ma jeunesse. Eh bien, je vous promets que j’ai vécu une vraie découverte. D’abord, marcher la nuit, sans lampe (ma lampe frontale, emportée par sécurité au cas où une voiture se pointerait, est restée dans ma poche pendant toute la balade), c’est se souvenir que notre vue, confrontée à l’obscurité, s’adapte et nous permet d’y voir un peu… et même beaucoup. Une fois l’éclairage public loin dans mon dos, j’ai eu la surprise de voir que je n’étais pas tout à fait aveugle. Mais mon champ de vision était limité. La lune qui brillait de son disque plein offrait des reflets métalliques aux arbres et aux quelques bâtiments agricoles dressés là comme de fantastiques sentinelles immobiles. Un renard, un chat ou un chien est passé en silence, j’ai juste vu son regard refléter les rayons de l’astre.

Quelques bruits inconnus effleurent mes oreilles. Me voilà intrigué par l’inconnu… attiré par un chemin que je n’avais pas prévu de prendre, voilà sorti de ma zone de confort, mon aventure nocturne se prolonge de 3 ou 4 bons kilomètres. Le chemin s’enfonce entre de profonds talus, les arbres qui s’entrecroisent au-dessus de ma tête me procurent un toit de fortune et de nombreux bruissements viennent à nouveau éveiller ma curiosité et titiller mon imagination. Un croisement, pourtant bien connu et attendu, se présente à moi bien plus vite que prévu. Le temps n’a pas la même durée qu’en plein jour. Me voici à quelques mètres de la maison, la lampe au sodium donne une lumière un peu glauque qui s’accorde bien la fin de l’aventure et mon état d’esprit un peu embrumé. Le chien du voisin aboie, un chat s’encourt. L’escapade se termine par un grand verre de lait chaud avant de replonger dans mes draps, rafraîchis par mon absence prolongée.

En préparant ce sujet, j’ai parlé de ma nuit autour de moi et ma copine Sylvie m’a confirmé qu’elle se prêtait de temps à autre aux jeux de l’insolite. L’année dernière, à l’époque de Halloween, il faisait encore très doux. Alors, avec son mari et sa fille de six ans, ils ont décidé de dormir dehors, sous la tente. « On avait fait les choses en grand. Mon homme a tout préparé sur la terrasse et sur la pelouse, moi je me suis mise au fourneau pour préparer un repas simple qui pouvait se déguster sous la tente. L’idée était que, une fois dehors, on ne doive plus rentrer dans la maison avant le lendemain matin. Nous avons participé au cortège organisé par l’association de quartier et puis nous sommes rentrés directement à la tente, sans passer par la maison. Aussitôt la porte de la tente refermée, nous avons mangé, puis ma fille a commencé à raconter une histoire « qui fait peur ». Et bien, croyez-le ou non, pendant toute la nuit, j’ai été à l’affût du moindre bruit. Dormir dehors permet de découvrir ou redécouvrir qu’il y a de la vie dans la nature lorsque l’on est pelotonné bien au chaud dans notre lit. C’est parfois angoissant, souvent grisant, mais si ma fille a dormi à poings fermés, mon mari et moi avons eu plus de mal. C’était une vraie aventure. Heureusement, le lendemain, c’était un samedi et nous avons pu faire une grasse matinée mémorable, ponctuée par un petit déjeuner au lit servi par… la petite qui s’est levée sans nous réveiller ».

Et pour laisser le dernier mot au Britannique Alastair Humphrey, l’inventeur du terme microaventure : « C’est un défi que l’on se fixe, seul, en famille ou entre amis, pour sortir du train -rain quotidien« .

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