Choisir sa veste de randonnée

Il est loin le temps où un simple poncho ou un K-Way étaient les armes du randonneur pour combattre la pluie. Aujourd’hui, les textiles techniques et la technologie permettent d’élargir l’offre et de proposer des vêtements vraiment efficaces en cas d’averse. Encore faut-il savoir décoder les étiquettes.

Pendant longtemps, le randonneur n’a pas eu beaucoup de choix pour pratiquer son activité favorite sous la pluie. Soit il portait une veste confortable, certes, mais qui ne supportait pas la moindre ondée et il était vite trempé. Soit il s’enveloppait d’un poncho ou d’un K-Way qui le mettait à l’abri, mais pour peu qu’il fasse un petit effort, le marcheur avait la sensation d’être dans un sauna ou un hammam, avec les mêmes conséquences, il se retrouvait tout transpirant et… mouillé des épaules à la taille.

Aujourd’hui, les textiles ont évolué et les vestes de pluies offrent à la fois une bonne résistance à l’eau, une certaine respirabilité et un effet coupe-vent qui n’est pas négligeable pour le confort de l’utilisateur. En plus, elles s’adaptent à toutes sortes de sports, y compris la randonnée. Alors, comment choisir ? Voici quelques détails qui vous permettront de dialoguer avec les vendeurs pour acheter le produit qui vous convient le mieux.

Imperméable ou déperlant ?

La première chose à savoir, c’est la différence entre un tissu imperméable (waterproof en anglais), qui ne laisse pas du tout passer l’eau ou déperlant (water repellent en anglais), il s’agit d’un traitement qui oblige les gouttes d’eau à glisser sur le tissu. Voilà, c’est dit. Chacun de ces tissus a ses qualités et ses défauts.

Imperméable

La veste imperméable protège bien le marcheur, de la petite ondée à l’averse prolongée. On y trouve le ciré marin, les vestes avec une membrane d’imperméabilité comme le Sympatex (35.000 mm), le Gore-Tex (28.000 mm)… La membrane n’est pas employée seule dans la confection du vêtement, elle est associée à un tissu, c’est ce qu’on appelle “laminé”. Le vêtement peut être un peu moins respirant, mais beaucoup de fabricants utilisent des techniques ou aménagent des endroits par lesquels la sueur peut s’échapper. En voici quelques exemples :

  • Treillis sous les aisselles ou sous un rabat protecteur au milieu du dos (attention, ce rabat perd toute son efficacité si vous portez un sac à dos),
  • Aplats de tissu très respirant doublés d’une membrane imperméable au niveau des épaules…
  • Rivets d’évacuation sous les bras…

À moins d’endommager le textile ou la membrane d’imperméabilité, les qualités d’imperméabilité tiennent plus longtemps que le traitement déperlant.

Déperlant

La déperlance

Un habit déperlant sera moins efficace, il protègera d’une petite pluie, sans plus. En revanche, il sera très respirant et souvent plus léger. L’inconvénient, c’est que le traitement déperlant perd de son efficacité avec le temps. De plus, il résiste mal aux lavages et aux frottements. Le vêtement devra être traité de façon régulière pour retrouver toutes ses qualités.

Attention aux PFC’s

Dernier bémol, les traitements déperlants et imperméabilisants utilisent souvent des composés perfluorés (PFC) qui ne sont guère compatibles avec la philosophie de nombreux amoureux de la nature. Les fabricants planchent sur de nouveaux procédés qui sont/seront plus respectueux de l’environnement.

Lire les étiquettes

Imperméabilité

L’imperméabilité s’exprime en Schmerber ou en mm de colonne d’eau. Une veste qui affiche 2.000 mm est efficace pour une courte balade. Pour une randonnée de plusieurs jours, il est préférable de choisir un vêtement qui présente une imperméabilité de 10.000 mm.

Respirabilité

La respirabilité se mesure de deux façons :

Mesure RET

RET ou Résistance Évaporatoire Thermique, c’est la mesure de l’énergie nécessaire pour faire passer de la vapeur d’eau à travers un tissu. Un tissu respirant possède un RET plus petit que 12.

        • RET inférieur à 6 : très respirant
        • RET entre 6 et 12 : respirant
        • RET entre 12 et 20 : faiblement respirant
        • RET au-delà de 20 : non respirant.

Mesure MVTR

MVTR ou taux de transfert de la vapeur d’eau. C’est la quantité de vapeur d’eau, en grammes, qui s’évapore d’un mètre carré de tissus en 24 heures. Plus le chiffre est élevé, mieux c’est. Une bonne respirabilité est évaluée au-dessus de 10.000 g/m²/24 h.

Quel est le meilleur produit ?

Sans citer de marque, voici, à mon sens les qualités qu’une bonne veste de randonnée doit posséder :

  • Tissu imperméable au-dessus de 10.000 mm avec un RET inférieur à 10.
  • La capuche doit être enveloppante et ajustable.
  • De préférence choisir des coutures thermocollée ou enduite.
  • La coupe doit être sobre pour offrir un effet coupe-vent optimal.
  • Manches ajustables aux poignets.
  • Tirette de fermeture protégée par un rabat (assure l’étanchéité parfaite de la face avant).
  • Poches placées suffisamment haut pour permettre d’attacher la sangle ventrale du sac à dos sans les condamner ni comprimer leur contenu.
  • Poche fermée de manière étanche.
  • Aérations sous les aisselles pour ventiler le vêtement lors d’un effort.

Après, la coupe, la couleur et la taille sont à choisir en fonction de vos goûts ou du confort que la veste vous apporte.

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