Foodporn ou “comment photographier mon hamburger ?”

Twitter, Instagram et Facebook sont envahis par une nouvelle forme de pornographie. La Foodporn ou le besoin de photographier tout ce qu’on mange et de le partager sur les réseaux sociaux.

Loin de moi l’idée de vous montrer tout ce que je mange à chaque fois que j’ouvre la bouche pour ingurgiter un aliment ou pour faire plaisir à mon palais délicat. Je ne suis pas de ceux qui inondent le web de leurs repas ni de leurs valeureux déchets… oui, oui il y a des crétins qui montrent ce qu’ils mangent et comment cela fini au fond de la cuvette. Qui a prétendu que le Net était le palais du bon goût ?

Le terme Foodporn désigne des photos de bouffe qui sont plutôt sexy. Le plat est montré sous son meilleur jour. La photo est alléchante, elle est surtout là pour donner envie, pour mettre en valeur. Il y a un petit côté narcissique à montrer la belle assiette que l’on a devant soi.

Mais pourquoi associer les aliments, les plats, les repas avec la pornographie ? Il fallait être un peu pervers et observateur, mais les deux mondes devaient se rejoindre. Tout simplement parce que les techniques de prise de vues sont fort proches. Gros plans de malades, angles flatteurs qui en montre plus que ce qu’on ne voudrait, cadrages recherchés, lumières élogieuses… tout y est ! Mais dans les années 1970, le terme était tout aussi vulgaire que la pornographie. Il s’agissait de montrer la nourriture comme un substitut au sexe… Le terme a évolué. Et c’est tant mieux !

Depuis que tout téléphone qui se respecte embarque un objectif de bonne qualité, la photo alimentaire n’est plus pratiquée par les seuls dieux du marketing, mais par absolument tout le monde. Certains se prennent même pour de véritables génies ou se prennent pour des journalistes culinaires de talent. À ce sujet, je prie tous mes lecteurs de se méfier de certains blogueurs qui ne méritent pas de recevoir dans la tronche la tomate qu’ils dénigrent si facilement.

Personnellement, je trouve qu’utiliser les techniques de la Pornfood pour faire connaître un endroit sympa n’est pas une mauvaise idée en soi. Le tout est de garder une certaine retenue et d’adopter une attitude saine et respectueuse pour le cuisinier ou l’établissement que vous vous apprêtez à mettre en valeur. Car il s’agit bien de mise en valeur de l’art de cuisiner et de la manière de présenter les plats.

Évidemment, devant le succès et le nombre de clichés alimentaires qui envahissent le Web, les applications se sont multipliées. Outre Facebook, Instagram et Twitter qui ne sont, en fin de compte, que des vecteurs, on a aussi Evernote Food, Foodie… Là où il y a du pognon à se faire… Et qui se lèche les babines de cet engouement pour la Foodporn ? Les restaurants bien sûr. Enfin ceux qui sont à la mode et au goût des “pornfoodeurs”…

Sur ce, moi je vais essayer de vous trouver deux ou trois restos sympa pour agrémenter ces pages avant la fin de l’été.

 

 

 

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